Frise chronologique
1898
Choix de l'architecte
Choix de l'architecte
1898 (≈ 1898)
Henri Sauvage sélectionné pour concevoir la villa.
1901-1902
Construction de la villa
Construction de la villa
1901-1902 (≈ 1902)
Réalisée par Sauvage et Weissenburger pour Majorelle.
1916
Bombardement allemand
Bombardement allemand
1916 (≈ 1916)
Dégâts partiels et perte d’un vitrail.
1931
Vente au ministère
Vente au ministère
1931 (≈ 1931)
Transformée en bureaux par les Ponts-et-Chaussées.
1996
Classement monument historique
Classement monument historique
1996 (≈ 1996)
Protection officielle de la villa et de son portail.
2020
Réouverture au public
Réouverture au public
2020 (≈ 2020)
Après restauration complète (2016-2019).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Villa, y compris le mur de clôture et le portail (cad. CE 83) : classement par arrêté du 28 novembre 1996
Personnages clés
| Louis Majorelle - Propriétaire et artisan |
Conçoit mobilier et ferronneries de la villa. |
| Henri Sauvage - Architecte |
Auteur des plans, première réalisation majeure. |
| Lucien Weissenburger - Collaborateur architecte |
Supervise chantier et usines Majorelle. |
| Francis Jourdain - Peintre décorateur |
Réalise peintures intérieures de la villa. |
| Alexandre Bigot - Céramiste |
Crée grès émaillés et cheminée monumentale. |
| Jacques Gruber - Verrier |
Auteur des vitraux originaux (partiellement détruits). |
Origine et histoire
La villa Majorelle, construite entre 1901 et 1902 à Nancy par l’architecte parisien Henri Sauvage pour Louis Majorelle, incarne l’Art nouveau et l’École de Nancy. Ce projet ambitieux, situé dans le quartier de Médreville alors en urbanisation, combine atelier, lieu d’exposition et résidence familiale. Majorelle collabore avec des artisans d’exception : Francis Jourdain pour les peintures, Alexandre Bigot pour les céramiques, et Jacques Gruber pour les vitraux, créant une harmonie entre intérieur et extérieur.
La villa subit des dommages lors du bombardement allemand de 1916, perdant notamment un vitrail de Gruber, remplacé par un motif orientalisant inspiré des voyages de Jacques Majorelle. Après la mort de Louis Majorelle en 1926, la propriété est vendue en 1931 au ministère des Ponts-et-Chaussées, qui la transforme en bureaux. Le mobilier est dispersé, mais une partie (comme la chambre à coucher) est sauvée et réintégrée après 2020.
Classée monument historique en 1996, la villa devient propriété de la ville de Nancy en 2003. Une restauration majeure entre 2016 et 2019 vise à retrouver son état d’origine, s’appuyant sur un album photographique familial et le catalogue Majorelle. Les travaux incluent la réfection des grès émaillés, des vitraux, et des boiseries, tout en modernisant les infrastructures pour l’accueil du public. La villa rouvre en 2020, mettant en valeur son unité artistique, principe central de l’École de Nancy.
L’architecture de la villa, asymétrique et lumineuse, rompt avec le conformisme. Henri Sauvage y expérimente des structures en béton armé et des lignes courbes, tandis que Majorelle conçoit des ferronneries et un mobilier intégrant des motifs végétaux (monnaie-du-pape, libellules). La décoration intérieure, avec ses peintures de Francis Jourdain et ses céramiques d’Alexandre Bigot, reflète une esthétique organique. La villa reste un témoignage unique de l’Art nouveau français, mêlant innovation technique et art total.
La postérité de la villa est marquée par son influence sur la carrière d’Henri Sauvage et son rôle dans la reconnaissance de l’École de Nancy. Bien que son architecte soit parisien, elle illustre l’unité des arts prônée par le mouvement nancéien. Aujourd’hui, elle est labellisée « Maison des illustres » et « Patrimoine du XXe siècle », attirant les amateurs d’architecture et d’histoire de l’art.